Time Out

Time Out

Justin Time

Film :In Time

Réalisation : Andrew Niccol

Note : 5

Andrew Niccol est de retour et nous plonge dans un de ses univers conceptuels dont il a le secret: un monde où la monnaie d’échange est le temps de vie, ce qui permet de vivre un million d’années, mais aussi de mourir en une seconde. Andrew Niccol est spécialiste de ce genre de concept scénaristique où toute l’histoire repose sur une seule idée parfaitement exploitée. The Truman Show dont il est le scénariste, Bienvenue à Gattaca et le sous estimé Simone nous avaient prouvé qu’il était un des dernier réalisateur de série B sur lequel on pouvait compter, mais il semblait avoir pris un virage décisif avec son excellent Lord of War avant donc de finalement revenir à ses premiers amours: la SF.

Il faut dire que pendant le premier quart d’heure on doute un peu, en effet l’explication des tenants et aboutissants de cet univers est un peu lourde et on se dit assez vite qu’il va être difficile de tenir près de deux heures avec ce concept là… et bien sûr, on a tort. En effet, Niccol, après avoir évacué la mise en place de son histoire, exploite avec brio toute les possibilités scénaristiques qu’il pose, et elles sont nombreuses et passionnantes. On ne dira rien afin de ne pas spoiler le principal intérêt de ce film mais sachez qu’une véritable bonne histoire originale, ça fait quand même du bien en cette période de suites reboots remakes prequels. De plus, le tout est consolidé par une mise en scène classique mais assez efficace et surtout, un casting cinq étoiles: Justin Timberlake prouve de plus en plus la légitimité de son statut d’acteur, Amanda Seyfried est très jolie et forme un vrai bon duo avec Justin et Cillian Murphy en méchant torturé et jusqu’au boutiste est la véritable valeur ajoutée du film…ah oui, et y a Olivia Wilde au début.

Malheureusement, il y a tout de même un gros problème: le manque total de budget. En effet, et même si ça va avec le discours anarchiste pro révolutionnaire du film (et ça, ça fait plaisir), il y a un moment où cela handicape réellement le rythme général. En effet, les décors, les costumes et les accessoires sont particulièrement moches et quand les rares cartouches esthétiques sont évacuées, un ennui visuel s’installe, et il faut bien reconnaître que vingt minutes en moins auraient fait du bien à l’ensemble. Dommage, on tenait là un futur classique de la SF, mais qui est au final tellement cheap qu’il ne pourra accéder qu’au rang de film culte (du moins on l’espère).

CONCLUSION

Un excellent scénario, un grand casting, mais vraiment trop cheap. A voir tout de même absolument.

Note de Guillaume : 5

Note de Lucas : 4

Une réflexion au sujet de « Time Out »

  1. Quand même, faut arrêter les acides… 5 ? Le scénario est inexistant et repose sur un concept (excellent au demeurant) bien mal exploité, fleurant bon le positionnement social-démocrate, la philosophie de comptoir et la récupération de la crise du secteur bancaire (dans les termes du rédacteur, ça devient « anarchiste pro-révolutionnaire » mais ATTENTION ! En fait non). Au final, un discours « de mauvais aloi » à la limite du supportable. (Sauras-tu, ami lecteur, détecter quelle subtile et habile analogie je viens de faire dans ma dernière phrase ?)

    Le casting m’a beaucoup attristée. J’espère que Cillian Murphy n’a jamais regardé ce film, tant le rôle qu’il endosse se révèle déprimant pour la carrière d’un type de cette envergure. Il est difficile à caster, certes, mais il mérite mieux que ce genre de quasi-série B ! Seyfried peut remercier son khôl noir et son insupportable frange de lui conférer un début d’épaisseur visuelle à défaut de dramatique, Timberlake nous fait du mauvais Barney Stinson (God damn it !), et Olivia « merci d’être passée » Wilde est juste… « wtf ». Mention à Kartheiser et Galecki d’être sortis de leurs séries respectives et de nous proposer un arrivisme rafraîchissant : leurs apparitions étaient probablement les moments les moins agaçants du métrage.

    En synthèse, une succession d’anecdotes pour ce film sans fin au sens propre comme au sens figuré, alors que le concept originel ne le permettait pas. Le traitement de la mort est notamment d’une l’hypocrisie aseptisée rare : tout démontre l’extrême répugnance du réalisateur à approfondir son propos, sans oser – malheur, malheur – ne serait-ce que blesser Bonnie et Clyde des Bois ! En comparaison, le traitement des morts de Wilde et Murphy en devient sacrément grotesque.

    Il aurait fallu couper 20 minutes et muscler le propos – plus de baston, plus de nervosité dans le jeu d’acteur, plus d’énergie dans le montage. En définitive, un film « des années 90″ (c) Nico, parfait pour un samedi après-midi dans un ciné de province, mais quand on gratte… On trouve sans difficulté le placoplâtre de cette production. Alors, 5 pour de la poudre (aux yeux) et de l’eau, c’est cher payé. Ou bien ne s’agit-il que de voler les notes des films les mieux nantis pour réinjecter un peu d’égalité dans ce monde de brutes cinématographique ? Franchement, il y avait mieux à faire.