The Raid

The Raid

RESTRUCTURATION LOGEMENT

Film : The Raid

Réalisation : Gareth Evans

Note : 4/7

Le voici donc enfin, le petit film indonésien qui fait le buzz depuis plusieurs mois, déclenchant toutes les louanges à chaque festival où il est présenté. The Raid, réalisé par l’expatrié gallois Gareth Evans, déjà auteur d’un sympathique mais fauché Merantau, est clairement présenté comme la nouvelle référence en termes d’action violente qui défonce tout. Un mix jouissif entre Die Hard, A Toute Epreuve, Assaut ou encore Time and Tide, bien aidé par une série de bandes-annonces alléchantes à la brutalité radicale comme on en voit plus. Alors, standard instantané de la pelloche qui débourre ou gros pétard mouillé ? Comme bien souvent, la vérité se retrouve encore une fois entre les deux…

Ne gâchons pas notre plaisir : oui, The Raid remplit globalement son pari de film d’action stimulant comme pas permis, proposant des séquences de fusillades et surtout de bastons comme on en a rarement vues, à la rage et aux chorégraphies à couper le souffle (l’art martial pratiqué, le silat, a aussi eu droit à un documentaire de la part du réalisateur). Une véritable ode à la tatane donc, qui à partir d’un scénario prétexte enquille les perles et les morceaux de bravoure à la manière d’un métronome. Le souci se situe dans son approche du scénario : Gareth Evans n’a pas assumé l’idée d’un pitch 100% linéaire, et a voulu insérer un peu plus d’histoire au coeur de son chaos organisé. La proposition est louable, le film se finissant un peu moins débile qu’il n’a commencé. Mais les rebondissements, backgrounds de persos et autres mini-twists, même si pas honteux du tout, viennent au final parasiter l’harmonie et la rythmique de l’action, n’accordant pas au film l’étiquette « 200% adrénaline » (soit le métrage qu’on ne verra probablement jamais) qui était vendue dans les teasers.

Mais le problème vient surtout des références écrasantes. Gareth Evans ne possède ni la perfection du script de Piège de Cristal, ni la grâce virtuose d’un John Woo, ni la folie bouillonnante d’un Tsui Hark, ni le sens du cadre et du resserrement d’un Carpenter. En gros, difficile de vraiment apprécier une entrée quand on a déjà goûté aux plats principaux. On ajoutera que la photographie marronasse n’est pas vraiment agréable aux yeux, que les gunfights du début sont carrément anodins, et que jamais les combats gagnent une intensité exponentielle, sinon sur leur longueur (à vrai dire, ils sont tous interchangeables sauf le dernier). Enfin, il manque à The Raid un véritable climax bourrin et fun, surtout après la baston contre le teigneux, pour finir en apothéose cette modeste série B ultra-vénère.

Au final, « le film d’action de la décennie » a été un peu survendu de manière racoleuse et va forcément décevoir les fans hardcore d’action urbaine. Néanmoins, de très nets progrès sont aperçus par rapport à Merantau, et Gareth Evans n’a peut-être pas encore offert au monde son véritable « défouloir ultime ». On attend de voir…

CONCLUSION

Petite déception, plus à imputer aux éjaculateurs précoces de festivals et à un buzz agressif qu’au réalisateur, pétri de bonnes intentions. Pour un deuxième film, le résultat est tout à fait honnête et The Raid contient en lui suffisamment de fureur et de testostérone pour satisfaire tous les bourrins que nous sommes. Pas extrêmement abouti en termes de mise en scène, le jusqu’au boutisme de certains combats fait très bien passer la pilule. A voir pour le fun, bien sûr.

Note de Jérôme : 4

Note de François : 5

Note de Guillaume : 4

Note de Nathalie : 4

Les commentaires sont fermés.