The Dictator

The Dictator

Barbe noire

Film : The Dictator

Réalisation : Larry Charles

Note : 2

Sacha Baron Cohen a encore frappé ! Après s’être transformé en parodie de rappeur blinbling, en émigré kazakh ou en fashionista folasse,  le trublion américain nous propose sa vision du dictateur moderne. Véritable poil à gratter ambulant, Cohen aime se saisir de sujets sensibles, créer la provocation chez la bourgeoise et ne prendre aucun parti des débats qu’ils s’amuse à créer, privilégiant de taper sur les deux camps. C’est bien simple, l’acteur est un gamin qui aime taper dans la fourmilière et regarder ses occupants se plaindre des dommages collatéraux, de loin, tel un observateur cynique.

Cette fois, donc, Baron Cohen incarne l’Amiral Général altesse sérénissime Aladeen, dictateur attitré de la République pétrolière du Wadiya, qu’il tient d’une main de fer. Alors qu’il coule des jours heureux en torturant ses opposants, l’O.N.U le menace d’intervenir militairement en son pays s’il découvre qu’il fabrique en cachette des armes de destruction massive. Trahit, il est kidnappé, rasé et remplacé par une doublure plus vraie que nature. Rendu méconnaissable, le dictateur déchu débarque à New York avec la ferme intention de récupérer son dû. Voilà le point de départ prétexte à une sorte de Crocodile Dundee version jihad, où Cohen s’amuse à singer des personnages tel que Marmoud Armaninedjad, Saddam Hussein ou Bachar el-Assad, que l’on retrouve synthétisés chez Aladeen, caractérisation absolue du tyran grand-guignolesque.

Si ses précédents exercices prenaient la forme de films à sketchs à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, The Dictator, lui, est scénarisé. En cela, si l’on admettra que même si l’écriture de l’ensemble est d’une faiblesse abyssale, que les blagues ne font que rarement mouche et que l’humour est d’un tel mauvais goût que s’en est désolant, le film a au moins le sens du rythme. Ainsi, jamais durant les 1h20 que dure le métrage on ne s’ennuie et c’est déjà ça de pris. Parce que pour le reste, c’est à se pendre. Le récit pompe allègrement le très mauvais Rien que pour vos cheveux de Adam Sandler et la distribution fait peine à voir : Anna Faris (Scary Movie) semble se complaire dans la comédie grasse, Ben Kingsley nous ferait presque oublier qu’il a joué un jour dans un bon film et ce ne sont pas les caméos sympathiques de Edward Norton et de notre Gad Elmaleh national qui changeront quoi que ce soit. Pour ce qui est de la présence de Megan Fox dans le film, elle bat un nouveau record de vitesse et se limite à seulement sept petites secondes à l’écran (j’ai compté…).

Encore une fois, Sacha Baron Cohen évite de stigmatiser une communauté en particulier et se gausse des uns et des autres avec une décontraction hallucinante. Ici, s’il dépeint une caricature de l’arabe terroriste, oppresseur et violent c’est pour avoir le loisir de les voir par le prisme de l’américain moyen, de nature hostile à l’envahisseur. Mais ne vous y trompez pas, le message du réalisateur est et sera toujours : Dans ce que je dénonce, il y a un fond de réalité. Pas de fumée sans feux donc, et ce n’est pas la déclaration finale du dictateur à l’O.N.U. qui démontrera le contraire : les U.S.A. en prennent pour leur grade pour les vingt années à venir.

CONCLUSION

The Dictator ressemble à s’y méprendre à un mauvais Adam Sandler. Néanmoins, même s’il ne respire pas l’originalité, ce film est sauvé par son esprit corrosif, son rythme effréné et par une volonté d’aborder son sujet de front. Irrévérencieux comme à son habitude, Sacha Baron Cohen pêche cependant dans un excès de mauvais goût et une relative happy end très américaine qui nuit au ressenti final. En somme, un film mineur mené par un acteur qui mérite mieux que de se fourvoyer dans pareille entreprise

Note de Lucas : 2

Note de Nathalie : 3

Une réflexion au sujet de « The Dictator »