Y’A LA FIN DU MONDE QUI LES GUETTE ET ILS FONT PAS LA FÊTE… |
Réalisation : Jeff Nichols
Note : 3
Deuxième film de l’américain Jeff Nichols après un premier long surprenant, Shotgun Stories en 2008 (déjà avec Michael Shannon), Take Shelter est encensé par la presse et se voit déjà auréolé de « meilleur film américain de ces dernières années »… Le buzz du moment, donc, et la deuxième fois où le cinéma d’auteur s’intéresse à la fin du monde après le doigt d’honneur cannois de Lars Von Trier. Résultat ? Un film d’auteur sous influence Friedkin/Malick/Spielberg, s’embourbant dans une mécanique répétitive et sans suspense et quelques clichés « indé-tendance ». Essai non transformé.
En effet, jamais on ne partagera vraiment la descente paranoïaque du protagoniste, la faute à une mise en scène trop contemplative et posée. Le film appréhende de loin un éventuel cataclysme, tandis que nous appréhendons de loin dans notre fauteuil un éventuel film. Pas de montée dans l’intensité, pas de surprises, pas de réel point de vue sur la folie : au bout d’un moment, Take Shelter devient trop épuré et trop nébuleux par rapport à son sujet, et à force de ne jamais stimuler le spectateur finit par le laisser sur le bord de la route. Il reste bien quelques scènes chocs visuellement réussies, mais elles prennent la forme de cauchemars récurrents du personnage et ne modifient en rien la narration ou l’évolution du scénario. Trop d’errements auteurisants, pas assez d’efficacité concrète de film de genre, l’oeuvre est mal équilibrée et en devient vite laborieuse et ennuyante. Dommage car la réalisation de Nichols capte toujours aussi bien le Midwest depuis son premier film, et le duo Michael Shannon/Jessica Chastain réussit à porter le peu d’intérêt de l’histoire sur leurs larges épaules.
En bref, vaut mieux revoir Bug (toujours avec Shannon), Rencontres du Troisième Type ou les premiers Malick que ce léger pétard mouillé, certes jamais prétentieux mais flou dans ses intentions et obscur dans sa finalité. On attend toujours le grand film d’auteur sur l’Apocalypse…
CONCLUSIONJamais aussi cynique et putassier que Melancholia, Take Shelter reste un film incroyablement surestimé qui ne brille que par ses performances d’acteurs et une poignée de petites séquences fulgurantes. Le tout dilué dans un long trip inodore de 2h, certes très bien filmé mais qui ne fait jamais monter la pression et reste beaucoup trop autiste dans son propos. En gros, c’est beau mais c’est chiant. Note de Jérôme : 3
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Belle critique, cela a été mon ressentiment en sortant de la séance