roquefort |
Réalisation : Adam Shankman
Note : 3/7
Adam Shankman, chorégraphe talentueux du Hollywood des années 1990 (Les Valeurs de la Famille Adams, Boogie Nights, Fourmiz) s’est ensuite essayé à la réalisation. Après quelques balbutiements cinématographiques ( Un mariage trop parfait, Baby Sittor, Treize à la Douzaine) et quelques épisodes de diverses séries (Monk, Six Feet Under), il avait réussi avec Hairspray à concilier sa passion de la musique, de la danse et du septième art, dans une comédie musicale rafraichissante. Ce remake du film de John Waters parvenait avec une tonalité souvent décapante, à transcender la comédie musicale d’origine. Dans un univers sixties à l’esthétique travaillée, travestir John Travolta en femme obèse (mariée à Christopher Walken) était à l’image du film : un pari risqué mais réussi. Shankman réitère ici son pari, en adaptant la comédie musicale successfull et culte de Broadway, Rock of Ages.
Les premiers instants du film font craindre le pire. La scène d’exposition présente une oie blanche, une jolie blondinette provinciale, qui arrive à L.A pour vivre ses rêves de gloire. Elle se fait voler sa valise et rencontre un garçon (mignon) sur Sunset Strip qui va l’aider. Il lui trouve une place dans la célèbre salle de concert où il travaille et évidemment l’amour est au rendez vous. Cette bluette pour pré-adolescentes va évidemment être mise en chansons par ces deux passionnés qui vont se renvoyer la chansonnette, sur les plus grands tubes du rock n roll des années 1980. Alors naturellement voir s’égosiller ces deux gueules d’ados formatés hollywood ( Diego Boneta débarqué tout droit de la série Beverly Hills Nouvelle Génération, Julianne Hough déja vue dans la comédie musicale Burlesque) sur I love Rock n’Roll, fait que l’on se sent un peu floué sur la marchandise.
C’est sans compter un point essentiel du film, la partie immergée de l’iceberg, la toile de fond formée par les personnages secondaires. Le patron du club, cheveux longs, visage buriné et look déglingué,( Alec Balwin) et le fidèle serveur complétement perché (Russel Brand) forment un duo comique particulièrement réjouissant et assurent le show. Mais surtout…surtout…il y a Stacee Jaxxs, la rockstar, le sex-symbol, le chanteur désenchanté et égocentrique,qu’il ne semblait pas facile d’incarner sans ridicule. Dès son apparition, Tom Cruise parvient à nous faire oublier sa gueule de minet, ses précédents rôles et son divorce, et devient véritablement le personnage, muse rock’n'roll électrisante à la manière de Ketih Richards. Son torse tatoué et musclé ondule à souhait, son regard trahit la débauche et l’égo démesuré, et son timbre de voix dans les chansons qu’il interprète s’avère ensorcelant. Il parvient à créer artificiellement une aura de rock star et son interprétation sans failles transcende littéralement les scènes. Malin Ackerman, qui lui donne la réplique, s’en sort plutôt bien en journaliste coincée, dont le professionnalisme est mis à rude épreuve. Cette caricature convaincante insuffle alors la brise rock’n'roll qu’il manque à la romance principale. Il n’y a que Catherine Zeta Jones, en épouse puritaine du maire, qui agace un peu , par son numéro un peu trop hystérique d’actrice has been.
Enfin, Rock Forever possède un problème de rythme et apparaît décidément trop long. Quand la caméra se concentre sur l’intrigue sentimentale et ses multiples rebondissements labellisés AB Productions, l’on s’ennuie ferme. Quelques touches de trouvailles humoristiques parsèment heureusement tout le film et le final musical apparait survolté, dynamisant et agréable.
CONCLUSIONUne comédie musicale, formatée par le genre même, sur l’univers endiablée du rock des années 1980 pose un léger paradoxe. Rock Forever apparaît inégal et vacille entre la mièvrerie et l’humour, entre un premier degré ennuyant et un second degré audacieux. A voir pour la prestation époustouflante de Tom Cruise en rock star démente. Note de Nathalie : 3
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Note de Guillaume : 4



