LA REVANCHE D’UNE BRUNE |
Réalisation : Steven Soderbergh
Note : 4/7
L’action commence dans un dinner paisible où une jeune femme, apparemment anxieuse, tripatouille sa cuillère dans une tasse de thé. Un homme arrive, la tête dans les chaussettes, maugréant contre sa gueule de bois, et veut la ramener. S’en suit une petite montée de ton dans l’échange verbal incompréhensible puis une véritable baston entre l’homme et la femme. Elle parvient à s’enfuir, après lui avoir défoncé la tête, embarque une voiture et son proprio et lui raconte comment elle s’est retrouvée piégée…
S’en suit une bonne heure d’action en flash back explicatif, où les coups de poings sont plus présents que les mots, et les courses poursuites plus longues que les phrases. Ca bourrine, ca tabasse, ca court sans jamais s’arrêter … Gina Carano, véritable révélation, met au tapis tous les beaux gosses d’Hollywood ( Fassbender, Tatum, Mac Gregor) et affirme son style d’espionne, tout en charme, en force et en féminité. Véritable Jasonette Bournette, elle s’impose véritablement dans les scènes de combat, où elle assure elle même les cascades, spécialiste des arts martiaux en tout genre. L’actrice parvient également à assumer les scènes émotionnelles, et à déployer son arsenal de féminité sans difficulté. Le reste du casting (Antonio Banderas, Michael Douglas, Bill Paxton) assure l’arrière plan bureaucratique et familial avec efficacité.
C’est par intérêt pour la saga James Bond, que Soderbergh a voulu réaliser ce long métrage, désireux de renverser les codes habituels, en donnant le premier rôle à une femme et en amplifiant davantage l’importance des personnages secondaires. Si le concept en lui même s’avère ingénieux, la mise en scène du cinéaste transpire malheureusement la paresse et le manque d’audace. Les scènes d’action, ne sont jamais alors transcendées par la caméra, les décors des quatre coins du monde pas vraiment mis en valeur, et les grands noms de l’impressionnant casting pas assez exploités. Steven Soderbergh, en accumulant les projets cinématographiques, avant dit-il sa très prochaine retraite, semble alors manquer de perfectionnisme visuel et nous livre un opus aux couleurs fadasses et à la réal baclée.
Pourtant, le rythme effréné permet de ne pas s’ennuyer une seconde devant ces intrigues d’espionnages, déja vues mais bien plaisantes. Complots et manipulations se succèdent allégrement et efficacement, grâce à la pléiade d’acteurs virtuoses. Le dénouement, qui suit le flash-back, s’avère réussi et la vengeance finale particulièrement jouissive. L’implication du spectateur et le suspense sont alors au rendez vous dans ce film mené de main de maîtresse par Gina Carano.
CONCLUSIONMalgré la réalisation fadasse, Piégée s’avère un film d’action frais et sympathique pour l’été, avec un tempo endiablé, une héroïne qui déchire et un casting masculin hallucinant. Note de Nathalie :4
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Note de Guillaume: 4



