Nouveau Départ

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Flamants sur canapé

Film : We bought a zoo

Réalisation : Cameron Crowe

Note : 2/7

 

C’est à Benjamin Mee, journaliste chroniqueur pour The Guardian, que l’on doit l’épique récit autobiographique « We bought a zoo », best seller à l’origine de ce long métrage. En 2004, suite au décès de son père, il décide d’acheter une grande propriété en Angleterre pour réunir sa famille et se laisse charmer par un parc zoologique voué à l’abandon, dans le Devon. S’armant de force et  de patience pour affronter le combat pour la réhabilitation du zoo,  il doit subitement mener de front un autre challenge, celui de soutenir son épouse atteinte d’une tumeur au cerveau.

Cameron Crowe, qui narrait dans le formidable Presque Célèbre, ses expérimentations de jeune journaliste musical, s’empare  ici des aventures originales d’un confrère reporter. Le scénario du film, librement inspiré du roman, prend ancrage sur une base narrative différente : le héros journaliste, récemment veuf, décide pour lui-même et ses deux enfants, de quitter les abîmes du spleen, du deuil, et de l’immobilisme afin de poser les bases d’une vie nouvelle en déménageant. Et quand la propriété idéale s’avère être un zoo, le héros se laisse convaincre par son potentiel  d’action et  de bonheur.

Matt Damon interprète avec tout son capital sympathie le rôle du jeune reporter veuf dépassé par les évenements , prêt à tout pour donner un nouveau souffle à sa vie familiale.  Tous les ingrédients semblent alors réunis sur le papier pour un feel good movie frais et décalé. Les premières minutes du film nous laissent espérer la chronique d’une famille désabusée et bringuebalée par la vie : la petite fille aussi chou que triste, l’adolescent cynique et éreintant et  le reporter groggy affrontent avec drôlerie la pitié et les conseils de leur entourage. Mais dès l’arrivée et l’installation au zoo, le long métrage s’embarque dans une tournure et une tonalité différente.

La sphère réaliste qui environnait la famille en deuil s’évanouit totalement pour laisser placer à une ambiance glucoséifiante. Le zoo devient une micro sphère irréaliste, une bulle emplie de mièvrerie, un eldorado pour bisounours décérébrés. Le long métrage devient vite insupportable : le scénario, plongé dans la crème patissière, nous concocte des suspenses aussi vite amenés que dénoués par les lois merveilleuses de l’endroit.  La férocité des animaux, la faillite, ou le climat désastreux sont balayés d’un coup de revers scénaristique assez abracadabrant. Dans ce monde parfait, le père et le fils tombent amoureux en même temps des deux filles de l’endroit, jouées par Scarlett Johansson et Elle Fanning, avec un puritanisme et une chasteté implacable.

Le jeu agréable des acteurs, la mise en scène souvent efficace, la beauté sans concessions des animaux, se noient dans cet océan de lait-fraise lourd et indigeste. Le long métrage paraît aussi long que redondant , n’évitant jusqu’au bout aucun écueil narratif de la  « Famille Ricoré ». On en ressort aigri, cynique et réaliste, beurk…

CONCLUSION

Cameron Crowe se transforme en Papi Brossard et nous fourgue ses tranches de Savane dans la bouche jusqu’à l’indigestion. Publicité abêtissante pour une sorte de bonheur lénifiant ingrat, ce long métrage s’avère d’une lourdeur sans nom.

Note de Nathalie : 2

Note de François : 2

Note de Guillaume :1

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