Moonrise Kingdom

Moonrise Kingdom

guerre des boutons


Film
: Moonrise Kingdom

Réalisation : Wes Anderson

Note : 4/7

 

Un film de Wes Anderson est toujours un évènement. Univers absurdes particuliers, cadrages symétriques, personnages dépréssifs, monolithiques, mais toujours hauts en couleurs, musique pop et ralentis sur des personnages qui avancent face caméra, Wes Anderson est décidément un réalisateur qui a sa patte à lui, son univers frais et décalé et son humour pince-sans-rire. Depuis ses débuts il a toujours su s’entourer des plus grandes stars, et arriver à devenir une figure incontournable du cinéma indé américain.

Seulement voilà, il arrive souvent un moment dans la carrière d’un réalisateur typé, voire maniéré, où il semble avoir touché le fond de son sujet, sans n’avoir plus rien à montrer ni à raconter. On pourrait citer Tim Burton, au vu de son actualité ce serait tirer sur l’ambulance, mais voilà, un autre réalisateur culte arrive au terme de l’exploitation de sa façon de faire : Wes Anderson, avec Moonrise Kingdom. Au milieu des années 1960, deux préados sur une île, une fille d’avocats mal dans sa peau et un orphelin boy-scout mal-aimé décident de fuguer ensemble. Toute l’île part à leur recherche pendant que la tempête du siècle s’annonce.

On peut d’ores et déjà annoncer les points forts : le casting adulte est fabuleux. Bruce Willis en capitaine de police est génial, Edward Norton en chef scout est parfait, le couple d’avocats McDormand-Murray est extraordinaire, on retrouve même Harvey Keitel en capitaine scout ; à la moindre apparition à l’écran on ne peut s’empêcher de rire de voir de si grandes stars jouer parfaitement des personnages ridicules. La musique est excellente, les thèmes de Desplat se fondent avec de la pop et quelques morceaux de classique joués par un pick-up à piles, on est enchantés par une telle magie sonore.

Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Me demanderez-vous. Tout le reste, vous répondrai-je. Pour la deuxième fois qu’il s’adresse à un public plutôt jeune (après Fantastic Mr Fox), Anderson fait dans le cheapo-kitschouille, malheureusement la photo jaunâtre (parfois même carrément rouge) ne colle pas avec ces cadres frontaux et ces ralentis que le réalisateur de La Famille Tenenbaum affectionne. C’est censé donner une atmosphère enfantine de conte de fée, mais on a plus l’impression que l’équipe a recollé des bouts de ficelle pour arriver à boucler le film, et les très nombreux faux raccords ne font qu’appuyer cette hypothèse. Cette mise en scène est encore plus appuyée que d’habitude, cette fois ce sont vraiment tous les cadres qui sont millimétrés, centrés, fixes ou en travellings latéraux, Wes Anderson fait du Wes Anderson, et on commence à connaître la musique. Autre doléance : les jeunes acteurs ne sont pas mauvais, mais leurs personnages manquent de substance, et provoquent parfois l’ennui dans les scènes où ce sont les seuls à l’écran. Dommage, pour des personnages principaux !

CONCLUSION

Wes Anderson se maniérise et se regarde filmer, si bien que son film devient franchement plat et mou, un comble pour quelqu’un qui nous avait habitué à des films péchus. Tout n’est pas à jeter, bien sûr, les seconds rôles adultes sont à mourir de rire, l’ambiance est très bonne et l’histoire est mignonne, mais on était en mesure d’en attendre plus d’un aussi bon réalisateur. Le début de la fin ?

Note de François : 4

Note de Guillaume : 4

Note de Nathalie : 4

Une réflexion au sujet de « Moonrise Kingdom »

  1. Pour l’avoir revu, je ne peux que te donner raison. A la seconde sortie il m’a tout de même laisser une drôle d’impression, celle d’avoir vu un film qui tentait de faire du Kubrick (Eyes wide chut plus particulièrement)