Tetsuo, Tetsuo II

Tetsuo, Tetsuo II

DOUBLE DOSE DE STEAMPUNK

Film : Tetsuo – Tetsuo II (collection Asian classics)

Réalisation : Shinya Tsukamoto, 1989-1992

Note : 5

Sans conteste deux films fondateurs, Tetsuo et Tetsuo II ne sont clairement pas destinés à tous les publics. Dérangeants, glauques, sexuels et malsains, il n’en fallait pas moins pour conférer à ces deux oeuvres le statut de cultes. Ayant inspiré un bon nombre d’auteurs ultérieurement (dont Quentin Tarantino qui voulait réaliser Fliying Tetsuo, le troisième opus), le visionnage de ces films est un passage obligatoire pour tout cinéphile un peu geek.

Si le premier adjectif qui vient à l’esprit quand on regarde un de ces deux films est forcément « cheap », il n’en reste pas moins que ce sont sans doute les meilleurs du genre. Réalisés en 1989 et en 1992, ils sont bien moins cheap que certains navets qu’on a pu voir récemment sortir de l’archipel nippon comme Tokyo Gore Police et consorts. Car si aujourd’hui, ce genre de film se veut résolument comique, lesTetsuo ne le sont pas le moins du monde, et dégagent une ambiance unique qui marque réellement l’esprit.

Ce qui marque également, c’est la nette différence entre les deux films. A part le thème principal (l’homme qui devient machine), rien ne relie vraiment les deux films. Le premier est à la frontière de l’expérimental et s’éloigne souvent d’une narration classique avec sa réalisation en 16mm noir et blanc, tandis que le deuxième est un vrai film de science-fiction, en couleurs et avec une vraie histoire, celle d’un père qui transforme ses enfants en armes dévastatrices, les poussant à la destruction froide et systématique de tout ce qui les entoure. Si la réalisation est foutraque et pas toujours lisible, on ne peut que saluer le design et surtout le courage du réalisateur / auteur / acteur / directeur photo / monteur, qui porte littéralement les deux films sur ses épaules tant il cumule les postes.

Les bonus des deux DVD sont également très instructifs, puisqu’on a droit à des interviews du réalisateur, un making-of du II, et une présentation des films par Jean-Pierre Dionnet, où on apprend que si Flying Tetsuo n’a jamais vu le jour, c’est parce que Tsukamoto était effrayé à l’idée d’avoir une équipe hollywoodienne à la place de son équipe habituelle ultra-réduite où il peut quasiment tout faire.

CONCLUSION

Deux films indispensables, donc, même si en terme de mise en scène on est loin du chef-d’oeuvre et si l’aspect gore et inquiétant en rebutera plus d’un. L’édition DVD étant de très bonne qualité, on aurait tort de se priver.

Note de François : 5

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