Blanche Neige et le Chasseur

Blanche Neige et le Chasseur

mon voisin del toro

Film : Snow White and the Huntman

Réalisation : Rupert Sanders

Note :  3/7

Blanche Neige, prise deux ! Après l’étron indy-bariolé et particulièrement hystérique signé Tarsem Singh, Blanche Neige est déjà de retour cette année, avec cette fois une adaptation qui se prétend plus sobre et plus ambitieuse que celle précédemment citée. Intitulé Blanche Neige et le chasseur, ce film s’inscrit dans la mouvance « Darker is better » actuelle et propose de s’intéresser au conte d’Andersen sous un angle Dark Fantasy des plus inédits. (si l’on excepte la version Sigourney Weaver de 1997)

De prime abord, ce qui surprend le plus avec ce film, c’est son esthétique particulièrement chiadée. Si on déplorera une photographie quelque peu baveuse, la direction artistique, elle, se montre assez riche et offre une plaisante cohérence plastique à l’ensemble. Les costumes, le bestiaire et les décors, qu’ils soient bucoliques ou torturés, sont dignes du budget pharaonique de l’entreprise et font preuve d’une grande générosité. Les références sont légion ici, tant et si bien que le métrage puise directement son inspiration picturale dans l’œuvre de Miyazaki ou de Del Toro, pour ne citer qu’eux. Néanmoins, et même si ces éléments se marient à merveille à l’écran, la mise en scène, finalement assez peu inspirée, se révèle symptomatique de son temps (abus de Shaky cam), rien d’étonnant quand on sait que le réalisateur, dont c’est le premier long métrage, vient du clip et de la pub. En d’autres termes, si on peut être conquis par l’esthétique si particulière du film, on admettra aisément pour les moins réceptifs qu’elle se situe entre une publicité de parfum et un clip de Nightwish.

L’intrigue, convenue et sans surprises, est à l’image de son actrice principale : Molle et hermétique. Jamais on aura vu un film si peu impliquant pour le spectateur, une tare que l’on imputera à un script sans âme et à ses personnage sans envergure. Bien sûr, le récit ne manque pas de charme mais le tout souffre de trop nombreuses longueurs et accumule les sous-intrigues sans jamais donner suites. Ainsi, comme son nom l’indique, cette nouvelle adaptation se penche aussi bien sur l’innocente jouvencelle que sur celui qui se charge de la délivrer, le fameux chasseur. Kirsten « Bella » Stewart hérite du rôle-titre, un choix des plus curieux quand on sait qu’avec son physique de castor dépressif, elle est censé camper la plus belle donzelle du royaume. Pour l’aider dans sa quête de vengeance, la douce Blanche Neige est épaulée par un chasseur donc, un homme rustre mais attachant incarné par l’imposant Chris « Thor » Hemsworth. Face à elle, sa maléfique belle-mère, la terrible Ravenna, qui sous les traits de la sculpturale Charlize Theron apparait comme le point fort du métrage. On notera également un casting de choix pour les sept nains, non pas incarnés par des messieurs de tailles inférieures à la moyenne mais par des acteurs biens connus du grand public (Bob Hoskins, Nick Frost, Ian McShane ou encore Ray Winston) rapetissés pour l’occasion.

En résumé, Blanche Neige et le chasseur, malgré son aspect conte baroque, est un film qui manque cruellement d’ampleur. En privilégiant la forme sur le fond et en faisant l’erreur de penser son intrigue minimaliste sur deux heures, le réalisateur Rupert Sanders accouche d’une œuvre intéressante à défaut d’être véritablement aboutie. En attendant la séquelle qui vient tout juste d’être annoncée et dont on nous dit qu’elle se concentrera sur le personnage du chasseur, ce premier volet de aventure de la paumée au teint de porcelaine ne nous a pas conquis.

CONCLUSION

Le manque absolu d’inspiration des scénaristes américains fait peur à voir. En effet, Hormis la horde d’adaptations de comics en tout genre, les remakes et les reboot à n’en plus finir, il faut désormais compter avec les adaptations de contes. Le dernier d’entre eux, Blanche Neige et le chasseur se montre un poil moins indigeste que ces prédécesseurs du genre et fait même preuve d’une certaine originalité picturale. Sorti de cela, le néant nous tend les bras. Au final, un film inoffensif sur un sujet inoffensif, réalisé avec une prétention un chouïa démesurée. Un de plus…

Note de Lucas : 3/7

Note de Guillaume : 3/7

Note de François : 2/7

Note de Julien : 2/7

Les commentaires sont fermés.